Elle marche dans une rue de Paris, elle aurait presque envie de se mettre à courir sans plus s'arrêter tant elle à l'impression que tout la rattrape et s'écroule sur elle. Elle marche en direction de son appartement. A chaque pas, elle sent un poids s'affaisser lourdement dans sa poitrine. Tout cogne douloureusement dans sa tête.
Et à mesure qu'elle avance il lui semble de plus en plus évident que là où elle veut aller c'est nulle part.
Montmartre, il faut prendre à gauche et pourtant, elle ne jette même pas une regard vers la petite rue qui monte en serpentant. Et puis cette rue, elle l'oublie tout simplement. Et cette fois, elle ne va nulle part c'est certain. A chaque pas, elle jette derrière elle un sac de plomb qui en tombant fait éclater le bitume. Elle ne reviendra pas en arrière, là d'où elle vient tout s'écroule et disparait. Devant elle tout semble clair, il faut avancer et vite, tout s'effrite, pas le temps de réfléchir, avancer, juste avancer, c'est simple comme idée. Sa présence semble éroser le sol, il se transforme en poussière. Trois rue, quatre rue, cinq rue, et déjà elle ne sait plus où elle est. Elle connait Paris par c½ur mais cela fait déjà bien longtemps qu'elle ne sait plus où elle est. Des jours, des semaines peut être même. Les gens sont comme des trainées floues autour d'elle, elle ne cherche même plus à les distinguer rien d'autre ne compte que de fuir pour ne pas rester prisonnière de tout ce qui s'écroule. Eux il ne comprennent pas. Pour eux aussi elle est flou. Comme tout ses millions de paumé qui trainent, sur les visages impassible desquels on ne distingue rien, rien du tout. Tant de pensées qui tourbouillonnent au même moment au même instant mais rien de cela ne transparait parmi la foule. Il ya juste des pas pressés et déterminés de fuir cet endroit hypocrite ou tout le monde se voit mais ou personne ne se regarde, ne se pense, ne s'adresse la parole.
Elle arrive devant un abris bus, elle en a déjà dépassé des dizaine et pourquoi celui là elle ne sait pas. Certainement juste parce qu'il y a un autobus d'arrêté devant, les porte ouvertes, mais prêt à redémarrer elle le sait. Elle précipite un peu le pas, puis traverse le passage piétons en courant, puis enfin elle gravit les deux marche du bus, et s'affaisse lourdement sur un siège dans prendre le temps de jeter le moindre regard au conducteur. La porte s'est refermée juste après qu'elle soit montée. Lebus se met en marche, elle colle sa tête contre la vitre qui vibre doucement. Le bus et plein de gens, de bruit, de conversations, d'odeurs, de chaleurs. Plus ou moins rassurant, fermé, comme dans une bulles. Les passant défilent puis les bâtiment, les rues,les arrêts, où le bus se vide et se remplit inlassablement.
C'est la terminus, tout le monte se précipite vers les sortie, elle reste assise, le chauffeur tente d'engager une conversation, sont c½ur s'emballe, elle est repérée, elle existe alors elle descend. Un autre bus, puis encore un autre et cela pendant des heures. Au fur et à mesure, les villes sont moins bondées, les bâtiments plus éparses, les passant différents, elle quitte la ville. Cette fois c'est dans un bus à moitié vide dans lequel elle monte. Elle se met à l'avant derrière le chauffeur. Les gens sont silencieux. L'ambiance est pesante, et comme ci cela pouvait changer quelque chose elle ressert un peu l'étreinte de son écharpe autour de son cou.
De son sac, elle sort une vieille bouteille d'eau en plastique au-dedans de laquelle se cachent des vapeurs étranges. Elle dévisse le bouchon, tout doucement, comme s'il s'agissait d'un jeu, puis après avoir poussé un profond soupir, reporte son regard vers la fenêtre, observant autour d'elle comme une dernière fois avant de laisser tout disparaitre.
La jeune fille porte le goulot à ses lèvres, laissant couler dans sa gorge de longues et nombreuses gorgées d'un liquide non pas chaud mais qui brule. Un moment plus tard, ses lèvres lâchent prise sur le goulot, à regret, comme après un long et torride baiser. Elle pose sur ses genoux la bouteille remplie de vodka ou plutôt déjà bien vidée de son contenu. Elle a la trachée et l'estomac en feu, et celui-ci, vide se resserre douloureusement à la rencontre du liquide qui le malmène et qui déjà tente de se frayer un chemin à travers les parois. Les effets ne se font pas attendre et ses joues s'empourprent, témoin de la douce chaleur qui monte le long de son échine envahissant doucement tout sont corps. Autour d'elle tout devient légèrement flou et ses idées disparaissent la berçant dans une ambiance apaisante et chaleureuse qui n'appartient qu'à elle. Son c½ur bondit joyeusement dans sa poitrine, d'allégresse, d'exaltation, ou bien certainement juste d'oubli. Un sourire béat se dessine sur son visage alors qu'elle se laisse doucement bercer par le mouvement à la fois doux et légèrement saccadé de l'autobus. Elle ne prête aucune attention au bus qui se vide et garde son regard fixé sur le rétroviseur, au travers duquel le chauffeur lui lance nombreux regard et sourires timides, ou pas, auxquels elle ne répond en rien. Mais elle comprend. Et c'est une fois le bus totalement vide qu'elle se lève de son siège en chancelant légèrement, pour s'assoir dans celui qui est le plus proche du chauffeur. Il sont alors juste séparés par un couloir et elle est cette fois bien en vue. Pourtant elle ne le regarde toujours pas et garde les yeux résolument fixés sur la route autour de laquelle les arbres et les champs défilent.
Puis au bout d'un long moment, elle daigne enfin tourner son regard vers lui, un léger sourire à l'hypocrisie dissimulée se dessine sur ses lèvres. La conversations commence, les questions fusent de la part du chauffeur. Elle, n'en pose aucunes, il est clair qu'elle n'a strictement rien a foutre de sa vie. Des questions très banales, du déjà vu, mâché et remâché, comme un vieux chewing-gum gardé trop longtemps. Alors elle s'amuse, elle s'invente une vie ; une vie normale, une vie banale, comme toutes celles que les gens ont. Elle se redessine pour plaire au chauffeur un peu con-con dont les idéaux ne volent pas très hauts ; qu'elle a en face d'elle. Cela marche à merveille, il ne cesse de glisser des « ah oui ?! » surpris et admiratifs à mesure qu'elle parle de ses potes avec qui elle sort en boite, de ses exploits sexuels, de ses fantasmes, de la voiture de son ex, de la baraque avec piscine de ses darons. Elle a la langue déliée par l'alcool, et même si ses questions lui font originellement mal, abordant sa vie qui trône en arrière plan ; elle se soigne en déblatérant des tonnes de conneries pour se masquer la vue à elle-même. Depuis le début, elle boit sans gènes de longue gorgées devant lui. Puis, lui, bois aussi. Il sont complètement saoules, complètement bourrés même. Ca fait un moment que le chauffeur s'est arrêté sur un chemin de campagne, tant pis s'il se fera engueuler par le patron demain, il trouvera bien une excuse. Une aubaine comme ça de parler avec une si jolie fille pendant des heures, ben faudrait vraiment être con pour passer à côté. Il est certain qu'il bande à en craquer son slip depuis pas mal de temps. Et, elle le sait, elle en joue. Au fur et à mesure, elle s'est approchée de lui. Elle est maintenant accoudée à l'endroit ou les clients achètent leur billet, la tête posé sur sa main, le regardant avec de grands yeux, lui laissant sur son décolleté une vue soigneusement privilégiée. A présent, il est certain que la conversation ne l'intéresse plus, il ne l'écoute plus vraiment, il a l'air absent. Elle continue, elle le laisse languir, puis, soudainement, elle s'arrête de parler le regardant et l'attire violemment à elle sur le siège le plus proche. Perdant l'équilibre, il s'écrase sur elle de tout son poids. Puis comprenant enfin ce qui lui est arrivé, il commence à l'embrasser violemment et maladroitement dans le cou, puis sur ses seins qu'il a vite faire de dénuder, comme tout son corps qu'il couvre de baisers dégueulasse. Elle se laisse faire comme inerte, se mordant les lèvres comme unique signe de son dégout. A chaque tentative qu'il fait pour l'embrasser, elle tourne la tête de l'autre côté, faignant ne pas avoir remarqué. Puis elle déboucle sa ceinture et défait sa braguette à la va vite et baisse son caleçon, dévoilant son sexe ridiculement fripé. Il se frotte à elle comme un chien en rut. Puis elle le pousse finalement à aller à l'essentiel. Il la pénètre et entame un va-et-vient maladroit. A chaque coup sur son col de l'utérus, elle a comme un haut le c½ur, son estomac se serre douloureusement. Elle à envie de vomir de dégout. Elle ferme les yeux et serre les lèvres, patiemment. Son supplice n'est pas long. En moins d'une minute il jouie sans préservatif à l'intérieur de son vagin, poussant un gémissement rauque et animal. Mais elle s'en fou. Se contrôlant de son mieux, elle le repousse doucement puis se redresse, du sperme coulant le long de ses cuisse et formant une tâche luisante sur le siège. Il commence à se rhabiller honteusement. Mais elle fait un violent bon en avant et lui demande d'ouvrir la porte et vite. Il s'exécute, elle se précipite hors du bus nue. Elle n'a pas le temps de faire quelque pas que déjà elle a un haut le c½ur, elle se baisse en avant déversant le contenu de son estomac qui en se répandant violemment sur le sol projette des éclaboussure de vomi sur ses chevilles et ses mollets dénudés. Elle remonte dans le bus chancelante et nauséeuse. Le chauffeur se précipite vers elle pour l'aider. Elle le repousse, tentant tant bien que mal de ne pas faire paraitre son dégout. Elle s'effondre sur le siège et se rhabille maladroitement. Le chauffeur dit qu'il va la raccompagner chez elle. Elle dit que ce n'est pas la peine. Il insiste pour la ramener jusqu'au métro ; elle fini par accepter. Il s'assoit à la place du conducteur puis redémarre le bus. ]
[Resté en suspens]

![AUTEUR: Psykick Lyrikah- "Près d'une vie" [Ce texte n'est pas de moi]](http://7b.img.v4.skyrock.net/7be/illusions-of-an-heart/pics/2589356015_small_1.jpg)


